TRIBUNE LIBRE

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Vos réactions sur les résultats de l'équipe de France de Judo aux  Championnat du Monde de Tokyo

du 9 au 13 septembre 2010

 

 

 

 

 


Vos réactions sur les résultats de l'équipe de France de Judo aux J.O. d'Athènes.

 

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Quelle déception !

On avait hâte de voir nos athlètes en découdre. On reste sur notre faim. On n'a pas  ressentis de réel engagement et de combativité de la part de nos champions.
 On a l'impression d'assister à un autre sport et il faut beaucoup de bonne volonté pour identifier dans les attitudes de nos combattants de véritables actions de judo.
Pourtant les clubs s'attachent à respecter les consignes émises par la fédération : Priorité à la technique et aux habiletés fondamentales.
Que se passe t'il dans les structures et l'encadrement du Haut Niveau ?

Un collectif de judokas passionnés par "Le VRAI JUDO" ...

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bonjour nous vous communiquons un article du syndicat national des enseignants professionnels de judo
 

01/09/04

Claude LE PAGE

Professeur de sports et de judo

22490 PLOUER SUR RANCE

 

copie de la lettre envoyé à la ffjda

 

 

Monsieur le Président, 

 

 A Athènes vous avez déclaré l’urgence d’une grande concertation et d’un vaste dialogue pour réfléchir sur l’échec de nos prestations étant entendu qu’on ne reviendrait pas sur la qualité de notre structure judo qui « serait » enviée par tous les pays. Autrement dit, ce ne sera donc qu’une réflexion mesurée alors que nous sommes tous littéralement K.O. debout par des résultats qui vont a contrario du traditionnel triomphalisme bien à la française qui vend toujours la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Des vantardises qui remplissent judo magazine et qui finirent par « nous bourrer le mou ». Pardonnez la vulgarité de cette expression qui, très populaire et cruelle qu’elle est, est bien le reflet d’une vérité.

  Cela dit, depuis plus de 40 ans, de nombreux et très expérimentés enseignants qui furent de la première composition fédérale et des créations de ligues, attiraient l’attention des élus sur les excès amorcés : Dirigisme centralisateur – Exclusivité de la voie sports études et éloignement des professeurs de la chose Judo. Un non-sens puisqu’ils sont la source de la fédération en pratiquants comme en licences. Des professeurs jamais entendus mais menacés dans leur liberté et leur droit au stratagème pédagogique (dernier Dojo inf. n° 37 ne vous laissez pas abuser !) car, à vous lire, c’est le grade FFJDA qui fait le judoka, le seul vrai !

 

  Nous ne fûmes pas dupes de ces triomphalismes qui allaient à contre-sens de toute logique. Il suffisait d’analyser la succession des précédentes prestations de nos représentants et de lire les rodomontades qui suivaient pour évaluer l’orbite sur laquelle le judo français progressivement se plaçait. Mais chacun sait qu’il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, ni pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Les prudents propos du Maître Shozo Awazu tenus le jour de sa remise de la légion d’honneur et, dernièrement ceux de Jean-Claude Brondani auraient dû vous mettre la puce à l’oreille.

 

  Monsieur le Président je fus tenté de vous envoyer un faire-part de décès, ces petites cartes à liseré noir pour les deuils mais, comme le vôtre, le cœur des professeurs n’est pas à la farce.. Nous sommes dans le plus grand regret d’avoir eu raison trop tôt lorsque nous intervenions auprès de vous pour une autre structuration de notre judo national et pour que vous respectiez les valeurs morales que vous prônez mais que vous piétinez à cœur que veux tu en son nom.

 

  Hélas, votre échec va désormais être aussi le nôtre et sonner à la porte des dojos comme le glas dans nos chapelles lors de naufrages. En ce mois qui s’ouvre à l’automne, au cours de la prochaine quinzaine nous allons pouvoir compter les nouveaux inscrits dans nos clubs qui, au passé, refusaient des inscriptions. Il va s’ensuivre des financements difficiles en salaires, voire des suppressions de postes et des difficultés de gestion des clubs. Naturellement la gestion fédérale va devoir, elle aussi, faire des coupes plus sombres que celles déjà prévues à cause de la réduction de la quantité des licences qui vous parviendront. Vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même et non plus crier haro sur les baudets que nous sommes.

 

 Monsieur le Président, par aveuglement face aux réalités, surdité aux observations et vos intransigeances dictatoriales mais aussi par votre seule audition de tout ce qui allait dans le sens de vos souhaits, vous nous avez tous plongés « dans un sacré pétrin ». Une remarque qui invite à ce que nous nous serrions tous les coudes pour tenter d’en sortir et d’en arriver à ce questionnement :

 

-         Est-ce que la Fédération et vous-même êtes prêts à aller au fond de tous les problèmes induits, modifier des vues rétrogrades et totalement décalées par rapport à l’évolution de l’acquisition des connaissances judo qui se développent dans le monde entier (107 pays lors des derniers jeux ; à Pékin, combien seront-ils ?)

-         Etes vous prêts à saborder votre illégale CSDGE qu’une commission européenne désavouerait immédiatement si sollicitée, car escroquerie à la confiance publique et grave atteinte aux droits des sociétés et autres libertés individuelles ?

 

  Monsieur le Président, chacun sait que la meilleure qualité d’un produit provient toujours des luttes que se livre un maximum d’entreprise

s. Il en est de même pour les contenus des enseignements et crédibilités des diplômes Universitaires, Universités qui s’efforcent d’être meilleures les unes que les autres pour attirer les cerveaux à elles. En, judo, les clubs et Universités japonaises nous démontrent toujours cette vérité première. Ainsi nos propres organisations d’enseignants, toutes tendances et orientations confondues, présentent des caractères et compétences spécifiques parfaitement complémentaires entre elles et il semble sage que la fédération qui à un urgent besoin de se revivifier fasse appel à leurs services en leur ouvrant une large porte tout en respectant leur personnalité.

 

  Enfin, en cette sombre situation où vous pouviez espérer l’aide et l’appui de quelques uns des protégés que la fédération aida à se faire une enviable place dans la vie, nous avons lu avec regret qu’après s’être bien gobergés « à nos frais », qu’ils « crachent dans la soupe » et vous « taillent de sacrés vestons » ; reconnaissez que ce n’est pas notre genre.

 

  Nous vous avons toujours directement dit en face ce que nous pensions et aujourd’hui, dans le droit fil de nos comportements, nous estimons que malgré tout ce qui peut vous séparer, nous sommes prêts à vous épauler pour remonter ce difficile courant pour que triomphe à nouveau le judo français, un judo dont personne n’aurait à rougir.

 

  Mais de votre côté, souhaitez-vous réellement cet  acte de sauvetage ?

 

            Croyez à mes sentiments judo.

 

Claude Le Page

1950 Fondateur du club de Laval ( 53 )
1967 Fondateur du club de Dinan ( 22 )
(ce qui représente quelques dizaines de milliers de licences)

Salut je m'appelle Blandine et j'ai 15 ans ... Je pratique le judo depuis 9 ans maintenant et je suis tout à fait d'accord avec vous ... On sentait que les combattants de la sélection française n'étaient en général pas du tout dans le coup , qu'ils ne réalisaient peut-être pas qu'ils se trouvaient sur les tatamis des Jeux Olympiques ...
Par exemple , je prends pour cible Lucie Decosse car elle représentait ma catégorie . Et bien , j'ai été profondément déçue par son manque flagrant de non-combativité ... Elle a d'ailleurs été sanctionnée et tant mieux si ça l'a réveillé !
Ses adversaires devant lesquelles elle s'est inclinée , l'Argentine, championne du monde Daniela Krukower et en repêchage la Canadienne Marie-Hélène Chisholm la menaient par le bout de la baguette et même fatiguées, ne lâchaient pas prise ... alors que la Française était complètement déphasée et s'est "presque" laissée fait prendre au sol par la Canadienne ... 
Ghislain Lemaire et Céline Lebrun m'ont déçue aussi car c'est vrai qu'on comptait beaucoup sur eux pour remonter la pente ... 
Donc, un bilan assez morose et médiocre ...
On ne peut pas gagner toutes les années certes et notre David national ne pourra pas toujours être présent ... Mais le judo est quand même un sport qui s'est bien implanté sur le territoire français et on a toujours ramené de belles médailles dans cette discipline ...
Et puis champion olympique que rêver de mieux ! C'est encore mieux que d'être champion du monde ! C'est le sommet ! C'est la plus belle récompense dans le sport de haut-niveau !
 
Je tiens quand même à féliciter Frédérique Jossinet pour sa médaille d'argent ! BRAVO  !!!!!!!!!
Bonjour,
 Judoka depuis un certain temps (28 ans),  il me semble et ce n'est pas nouveau, que l'on vient d'assister à la démonstration flagrante de l'appauvrissement de l'enseignement du judo au haut niveau qui oubli l'apprentissage des principes au détriment de quelques techniques et beaucoup de musculation. Il semble que les judoka sportifs soient menés sur l'inverse de la voie car on les insite davantage à forcer l'adversaire à se présenter en situation pour les quelques "spéciaux" développés plutôt que de trouver le déséquilibre dans le déplacement de l'adversaire puis d'appliquer alors une technique adéquate pour chercher le ippon. Le déplacement du partenaire ne doit pas être obtenu par force mais mais par anticipation et mise en micro-situation étape par étape. Ils en oublient même les clefs du kumi kata. Les régles d'arbitrage ne sont pas là non plus pour améliorer le tir. Heureusement, les japonais nous rappelent brillamment et humblement l'art de la voie du judo.        Pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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>>> Il y a un peu plus d’un an Rodolphe Legrand, professeur charismatique du judo-club de Grand Quevilly, en banlieue Rouennaise, nous avait transmis «  un papier » dans lequel il nous faisait part de ses sentiments et  préoccupations sur l’évolution du judo actuel (Lire la chronique). La pertinence de ses observations a conduit l’équipe de judoclic à en faire une rubrique intitulée « la chronique de Rodolphe ». Depuis de nombreux judokas, célèbres (comme Patrick Roux, Patrice Rognon, Emmanuel Charlot….) ou anonymes, enseignants ou seulement pratiquants passionnés, ont réagi et nous avons publié les textes qu’ils nous ont fait parvenir ( Lire quelques réactions ). Nous nous félicitons de cet échange sur un sujet d’actualité puisque la fédération Française semble aujourd’hui vouloir redonner aux clubs leur place prioritaire en relançant une pratique moins focalisée sur la compétition favorisant les échanges inter- génération et inter-niveaux sur les tatamis de nos Dojos. L’idée nous est donc venue de poursuivre l’expérience en vous offrant un espace sur le net pour échanger vos idées et impressions : « la tribune libre » Alors la discussion est ouverte…  Hadjime !

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 Quel jujitsu proposer pour fidéliser certains de nos adhérents et séduire un nouveau public.

 L’approche du jujitsu que  peuvent avoir les enseignants actuels, qui ont surtout un important vécu en judo, semble parfois limitée.
En effet il existe d’abord un problème de maîtrise technique notamment en ce qui concerne les atémis. Ensuite  le jujitsu est , dans la plupart des cas , proposé à un public considéré comme inapte à s’investir directement dans une pratique « classique du judo » jugée trop contraignante à cause de son coût énergétique mais aussi  des risques liés aux chutes et à la pratique des randoris.
Toutes ces raisons font qu’il est un parfois considéré comme une sous discipline répondant à l’appellation générique de self défense qui ne signifie pas grand chose. 
Il manque souvent de dynamisme et se prive de la pratique du randori qui fait, par son coté ludique et l’engagement sans retenu qu’il permet , la grande force et la popularité du judo . Pourtant , les chiffres enregistrés par la fédération Française de judo le confirment. L’augmentation constante des licenciés , notamment chez les plus de 15 ans , est due essentiellement aux jujitsukas. Ainsi on n’accorde peut-être pas au jujitsu la place qu’il mérite.

Tout d’abord on peut noter qu’il devrait nécessiter une maîtrise technique et des habiletés plus complexes que celles requises pour la pratique du judo. Dès lors il peut certes rester  un moyen d’entrée dans l’activité en douceur en commençant par des exercices sans opposition et pas trop durs physiquement. Mais il me semble que l’on devrait l’adapter afin de permettre à des judokas de clubs ayant déjà un bon bagage en judo (qu’il s’agisse d’anciens compétiteurs régionaux , de pratiquants loisirs , ou encore d’ados à la recherche d’un renouveau dans leur pratique) de s’y adonner en conservant les avantages que présente le judo , à savoir : La possibilité de jouer et de réellement s’impliquer dans un exercice d’opposition où l’on peut déterminer un vainqueur tout en respectant  l’intégrité physique et morale des protagonistes . L’enjeu est qu’un véritable jujitsu sportif d’opposition complète l’actuelle « self défense » de complaisance et vite limitée.

Aujourd’hui dans les clubs on ne peut pratiquer que du jujitsu sous forme technique ou d’exercices conventionnels : à quand la mise en place d’un protocole (  protections, coups autorises sur certaines parties du corps prémunies de boucliers….règles spécifiques…) permettant la pratique ludique en randoris de cette activité complète et attrayante ?


Judo, Jujitsu,
<bucher.christian@free.fr>

Je pratique le judo depuis  plus d'un an,et bien que ce sport me convienne  j'ai  quelque remarque a formuler. Premièrement je crois que beaucoup de pratiquants ont oublié quelque chose d'essentiel:le judo est un art martial avant d'être un sport, même si l'évolution de la pratique,et le médiatisation de grands champions ont tendance à le faire oublier. Pour moi les traditions,la discipline,le respect des maîtres sont aussi importants que l'aspect sportif. J'ai choisi les arts martiaux comme on entre dans les ordres,c'est aussi une certaine philosophie de la vie que je recherche a travers  certaines valeurs qui ont tendance a être oublié. Comment prêcher le respect quand on vous dit qu'il faut gagner par tout les moyens car seule la victoire est importante. Je crois aussi que le judo gagnerait a ne pas mépriser le jujutsu. Un enfant peut il mépriser son père?Le judo est de par trop déconnecté des réalités de la rue alors que cet art peut être un fantastique moyen de défense. Pourquoi ne pas introduire de façon systématique quelque rudiment de jujutsu dans les cours de judo ? Les règles sont nécessaires en compétition pour éviter de blesser son adversaire mais c'est aussi un carcan qui nuit a son efficacité. Soyons concret: apprendre une une projection avec un judogi,ne sert a rien dans la rue si votre adversaire est en tee shirt. Je sais que je peut paraître ambigu mais le judo doit conserver ses racines sans  négliger non plus les réalités de la vie quotidienne s'il ne veut pas finir comme simple sport...


Salut Rodolphe,
Je suis avec beaucoup d’intérêts les discussions qui tournent autour de l’abandon de la pratique du judo et j’écoute avec beaucoup d’attention tout ce que j’entends sur le sujet.
Comme toi bien sûr je suis très déçu qu’un judoka délaisse l’étude du judo.
Au risque de décevoir, je n’arrive pas avec la solution, même si j’ai bien quelques propositions à soumettre qui s’appuient sur l’expérience du « terrain » en l’occurrence le club.
J’ai plutôt quelques réflexions, quelques analyses qui amènent à se poser des questions qui, par contre, peuvent peut-être alimenter la « Réflexion nationale de tous les acteurs du judo sur la fidélisation » que tu appelles de tes vœux.

Des réflexions d’abord:
Fidéliser… oui mais avant le comment demandons nous d’abord sincèrement pourquoi ?

Si c’est pour faire du chiffre (dans tous les sens du terme) cela ne m’intéresse pas. Je ne suis pas pressé de voir le judo se hisser au rang du football en terme de popularité si c’est pour y perdre notre raison d’être, « Eduquer » et non exacerber les passions et les chauvinismes.
Si, par contre, c’est parce que l’on est persuadé que c’est une réelle chance qui est offerte à l’individu de s’épanouir et de s’intégrer dans une société que l’on peut contribuer à rendre plus humaine… alors pas de problème.
Je suis étonné de constater la place que l’on accorde à la compétition dans notre discipline. D’ailleurs toutes les « solutions » avancées par les personnes qui ont réagi à ton article se focalisent sur le nécessaire aménagement des formules de compétition. C’est certainement une piste intéressante à explorer, mais est-ce la seule?
S’est on inquiété de connaître le pourcentage de compétiteurs sur les 560 000 licenciés que compte notre fédération? Fédération qui elle même communique essentiellement (à l’externe)par ce biais. Nous sommes en droit et même en devoir de nous demander si ce n’est pas une erreur. Bien sûr nous sommes une discipline qui rapporte des médailles, les gens le savent, car les médias -surtout la télévision– ne semblent se rappeler de notre existence qu’à cette condition. Cependant combien de personnes pourraient citer nos champions Olympiques… ne parlons pas de nos champions du Monde ! Et pourtant notre vitrine médiatique n’existe que par les résultats aux compétitions. « Ptitbanzai » a bien raison, il va falloir qu’il s’accroche le gamin s’il veut continuer à rêver à travers ses champions!!
L’image de marque du Judo français ne se construit pas à l’évidence sur les excellents résultats de son élite mais bien plus sur l’aura éducative dont il jouit, auprès des parents notamment.
Sans vouloir toutefois nous couper des médias et de leur pouvoir exhorbitant, peut-être serait il judicieux de repenser notre communication. La télé manque souvent d’imagination, ça n’est pas nouveau… lorsque tu parles de projets de judokas créatifs, c’est à cela que je pense.

Des questions ensuite:
Ne nous trompons nous pas lorsque nous n’envisageons le judo qu’à travers le prisme de la compétition? Lorsque l’on se gargarise du: « Le judo c’est plus qu’un sport ! » très bien … mais encore! … Prouvons le, démontrons le ! Et soyons cohérents, nous ne pouvons envisager le judo sous son seul angle sportif et le modèle compétitif qu’il véhicule et affirmer en même temps que nous sommes bien plus que cela !
Tout d’abord j’essaierai de ne pas tomber dans le travers de « l’étiquetage » qui consiste à opposer les « compets » aux « techniciens » comme si l’un était forcément exclusif de l’autre.
Et pourtant, d’aussi loin que je me rappelle mes débuts en judo (Cela fait tout de même plus de 30 ans) ce clivage a toujours existé et qui trouvait même à s’exprimer à une certaine époque (heureusement révolue aujourd’hui) en terme d’appartenance. Il y avait d’un côté les sportifs et de l’autre les artistes!
Cessons d’opposer les genres. Il y a le Judo voilà tout! ... et cessons de vouloir le réduire à une expression.
Revenons à la compétition qui devrait constituer une étape importante dans la vie d’un judoka qui aura eu la chance de démarrer « jeune ».
Elle peut être (elle devrait être…) hautement formatrice, ...comme elle peut être destructrice.
Elle sera formatrice en ce sens qu’elle place l’individu en face de ses responsabilités. (Prise de décision, gestion émotionnelle et physique, apprentissage de l’effort, prise de conscience de la relative fragilité de la victoire ou de la défaite… humilité, modestie…) Cependant tous les individus ne se présentent pas avec le même degré d’autonomie ou la même capacité à gérer le stress de ce qu’il convient d’appeler une épreuve. Certains semblent armés pour l’affronter, d’autres auront besoin d’un encadrement compétent pour remplir le rôle d’éducateur et « modifier cet angle dans le regard » comme le rappelle Emmanuel Charlot. J’ajouterai « pour modifier également l’angle dans le regard des autres » (Notamment les proches, parents, copains, mais aussi le public). C’est un challenge difficile mais exaltant car on se dirige alors vers une solution gagnant-gagnant même si elle semble en apparente contradiction avec le terme de compétition classement.
J’espère avoir été clair dans mon propos, il ne s’agit pas de discréditer la compétition, (je suis bien trop conscient de ce qu’elle m’a aidé à construire) mais plutôt de la replacer « dans sa juste dimension. »
Il semble en effet à l’heure actuelle que tout soit assujetti au sportif, je devrais d’ailleurs plutôt dire aux résultats sportifs. C’est une vision bien réductrice du message que nous a délivré Jigoro Kano.
Ceci étant posé, je pense donc que la prévention pour lutter contre l’abandon de la pratique du judo passe nécessairement par d’autres approches.

Des propositions enfin:
(Elles s’appuient sur ce que nous mettons réellement en pratique au club, elles n’ont pas la prétention d’être exhaustives, encore moins originales, elles sont tout simplement le témoignage de ce que nous mettons en œuvre dans notre façon d’appréhender le judo)
- S’agissant des compétitions, nous mettons en œuvre depuis de nombreuses années déjà(+ de 15 ans!) dans le cadre du JCGR au niveau des plus jeunes, un système de classement comparable à celui du tennis, qui permet aux enfants d’un tour sur l’autre (Il y a 4 rencontres plus la finale sur la saison) de monter ou de descendre de poules de niveau. Les récompenses sont les mêmes pour tous évidemment, sans distinction de poules. Ce système permet, outre un brassage intéressant, de conserver la possibilité pour tous de remporter des victoires…
- Le projet judo évoqué par Patrick Roux mérite en ce sens toute notre attention. La redécouverte de la signification profonde et de la raison d’être du randori dans nos clubs m’apparaît fondamentale. Faisons –nous réellement Randori ? L’utilisons-nous pour ce qu’il est réellement? ... c’est à dire un moyen (et non un but en soi !) pour progresser, se perfectionner (et pas seulement une fois encore, dans le but d’améliorer ...ses résultats sportifs !).
J’entendais dire il y a peu encore, à l’occasion d’un mondo provoqué dans le cadre d’un stage national d’enseignants : « que c’est une question de culture, que les japonais savent faire randori et qu’à part quelques heureux élus, nous sommes, nous « occidentaux », incapables d’accéder au randori, à son sens profond.
Si le judo est universel comme on se complaît à le proclamer à la suite de son fondateur, il ne peut être question de culture, mais plutôt d’éducation !
Alors oui, il ne suffira pas de décréter que l’on va faire randori pour effectivement faire randori… une nécessaire explicitation du but poursuivi, une réflexion sur les moyens devra accompagner cette mise en œuvre. La pratique du randori, la redécouverte de sa signification profonde, de sa raison d être me paraissent effectivement incontournable.
- Provoquer des « mondo » à l’occasion de stages (Plus facile à mettre en place qu’à l’intérieur d’un cours) est enrichissant. Ne restons pas dans l’implicite, évoquer le sens donné au judo en général et aux apprentissages en particulier n’est pas dérisoire. L’effort mérite d’être fait.
- Valoriser le judoka chaque fois qu’il démontre des qualités judo(et pas uniquement sur le plan des résultats sportifs ou même des participations sportives). Le judoka qui s’implique dans la vie de son club (une foule d’actions sont possibles tant sur le plan sportif qu’extra sportif d’ailleurs) doit être salué. La valorisation de cette implication ne doit en aucun cas être occultée ou même minorée. Nous ne manquons pas par exemple de citer dans le journal du club tous ceux qui par leurs actions ont concouru à traduire en actes « entraide et prospérité mutuelle ».
Un autre exemple, « Le sportif de l’année » récompensé par la mairie dans chaque discipline devant ses pairs n’est pas obligatoirement celui qui a obtenu le meilleur résultat aux compétitions (c’est un aspect pris en compte), mais celui qui, selon nous, (nous avons des critères objectifs pour cela, ... nous avons du moins la faiblesse de le croire) a fait preuve de sa compétence à être qualifié de « sportif »(et en ce qui nous concerne … de judoka !).
-Donner la possibilité de prendre des responsabilités… des vraies. Cela peut se traduire par l’aide apportée dans les cours des plus jeunes ou des moins gradés, par l’arbitrage, l’organisation de réunions sportives (judo… mais pas seulement!) ou résolument « festives ». Se sentir véritablement utile est toujours gratifiant.
Je pourrai continuer à citer des tas d’autres exemples concrets pour illustrer ces propositions mais ils ne présentent véritablement d’intérêts que s’ils font l’objet d’un échange dynamique. Tu as raison, il reste à réfléchir ensemble à ce qui pourrait donner envie à nos élèves de rester au sein du club même s’il est, bien entendu, utopique et « dangereux » de vouloir conserver tout le monde. Certains nous quitteront, parfois même... reviendront… ce qui me paraît important, c’est que quelle que soit la raison de leur « départ », ils soient « restés » des judokas pétris de nos valeurs.

A + le plaisir de te rencontrer et d’échanger sur le sujet.
Cordialement,
Jean-Pierre
 

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 Dernière modification le jeudi 09 septembre 2010 20:59