La Chronique de Rodolphe

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Le judo et les infidèles 

Voici quelques réactions :

Salut... ,

Mais qui est infidèle à qui dans cette affaire ? Les jeunes à leurs profs ou l'inverse ? Les municipalités ou autres institutionnels aux profs et à leurs élèves ? Les profs à la voie du judo ? La fédé aux profs ? Ou encore, la fédé à la voie ? Les jeunes au judo et lequel ? La fédé aux jeunes non compétiteur comme aux compétiteurs ? Les compétiteurs à la fédé ? Les acteurs de la fédé entre eux ? La compétition au plaisir de la pratique ? L'esprit sportif à la discipline martiale ? Le fric à l'éthique du budo ? Moi j'y perd mon latin... Ce que je constate c'est :
- un certain malaise depuis longtemps entre certains acteurs de la discipline (au point d'entendre certains signaler qu'ils n'enseignent pas la même chose ; c'est un peu malheureux d'en arriver là aujourd'hui faute d'avoir eu un véritable débat bien plus tôt avec certains profs que la fédé a négligé),
- dans pas mal de clubs la déperdition de la voie de la souplesse (pour progresser toujours même dans la chute) au bénéfice de la victoire à tout prix quitte à s'égarer... à blesser son "adversaire ou partenaire", à considérer certaines techniques ou attitude encore du judo,...
Je pense que le remède essentiel aux maux évoqués consiste avant tout à continuer ou à relancer (comme certains judokas réputés le mettent en oeuvre, tant mieux mais quelle temps de réaction) à enseigner et donc à pratiquer (et notamment faire pratiquer en compétition) selon les principes et les attitudes originels. Cela changera au-delà des guerres intestines de pouvoir et des infidélités parfois inévitables et nécessaires, la figure des entraînements, des compétitions et des résultats. Quitte à perdre des "fidèles clients" autant s'attacher à conserver des pratiquants de tout poil fidèles aux fondements de cet art martial avant tout... Ceci suppose donc une tête de réseau nationale garante de cela (à l'instar du Doshu en aïkido, par delà les "écoles et les courants") et qui peut-être pour se faire ressource davantage quoiqu'on en dise à la source. Le reste comme l'organisation, les moyens octroyés pour enseigner ou mettre en place des compétions,... m'apparaît important mais d'un autre ordre.

 

Salut Rodolphe,
Je suis avec beaucoup d’intérêts les discussions qui tournent autour de l’abandon de la pratique du judo et j’écoute avec beaucoup d’attention tout ce que j’entends sur le sujet.
Comme toi bien sûr je suis très déçu qu’un judoka délaisse l’étude du judo.
Au risque de décevoir, je n’arrive pas avec la solution, même si j’ai bien quelques propositions à soumettre qui s’appuient sur l’expérience du « terrain » en l’occurrence le club.
J’ai plutôt quelques réflexions, quelques analyses qui amènent à se poser des questions qui, par contre, peuvent peut-être alimenter la « Réflexion nationale de tous les acteurs du judo sur la fidélisation » que tu appelles de tes vœux.

Des réflexions d’abord:
Fidéliser… oui mais avant le comment demandons nous d’abord sincèrement pourquoi ?

Si c’est pour faire du chiffre (dans tous les sens du terme) cela ne m’intéresse pas. Je ne suis pas pressé de voir le judo se hisser au rang du football en terme de popularité si c’est pour y perdre notre raison d’être, « Eduquer » et non exacerber les passions et les chauvinismes.
Si, par contre, c’est parce que l’on est persuadé que c’est une réelle chance qui est offerte à l’individu de s’épanouir et de s’intégrer dans une société que l’on peut contribuer à rendre plus humaine… alors pas de problème.
Je suis étonné de constater la place que l’on accorde à la compétition dans notre discipline. D’ailleurs toutes les « solutions » avancées par les personnes qui ont réagi à ton article se focalisent sur le nécessaire aménagement des formules de compétition. C’est certainement une piste intéressante à explorer, mais est-ce la seule?
S’est on inquiété de connaître le pourcentage de compétiteurs sur les 560 000 licenciés que compte notre fédération? Fédération qui elle même communique essentiellement (à l’externe)par ce biais. Nous sommes en droit et même en devoir de nous demander si ce n’est pas une erreur. Bien sûr nous sommes une discipline qui rapporte des médailles, les gens le savent, car les médias -surtout la télévision– ne semblent se rappeler de notre existence qu’à cette condition. Cependant combien de personnes pourraient citer nos champions Olympiques… ne parlons pas de nos champions du Monde ! Et pourtant notre vitrine médiatique n’existe que par les résultats aux compétitions. « Ptitbanzai » a bien raison, il va falloir qu’il s’accroche le gamin s’il veut continuer à rêver à travers ses champions!!
L’image de marque du Judo français ne se construit pas à l’évidence sur les excellents résultats de son élite mais bien plus sur l’aura éducative dont il jouit, auprès des parents notamment.
Sans vouloir toutefois nous couper des médias et de leur pouvoir exhorbitant, peut-être serait il judicieux de repenser notre communication. La télé manque souvent d’imagination, ça n’est pas nouveau… lorsque tu parles de projets de judokas créatifs, c’est à cela que je pense.

Des questions ensuite:
Ne nous trompons nous pas lorsque nous n’envisageons le judo qu’à travers le prisme de la compétition? Lorsque l’on se gargarise du: « Le judo c’est plus qu’un sport ! » très bien … mais encore! … Prouvons le, démontrons le ! Et soyons cohérents, nous ne pouvons envisager le judo sous son seul angle sportif et le modèle compétitif qu’il véhicule et affirmer en même temps que nous sommes bien plus que cela !
Tout d’abord j’essaierai de ne pas tomber dans le travers de « l’étiquetage » qui consiste à opposer les « compets » aux « techniciens » comme si l’un était forcément exclusif de l’autre.
Et pourtant, d’aussi loin que je me rappelle mes débuts en judo (Cela fait tout de même plus de 30 ans) ce clivage a toujours existé et qui trouvait même à s’exprimer à une certaine époque (heureusement révolue aujourd’hui) en terme d’appartenance. Il y avait d’un côté les sportifs et de l’autre les artistes!
Cessons d’opposer les genres. Il y a le Judo voilà tout! ... et cessons de vouloir le réduire à une expression.
Revenons à la compétition qui devrait constituer une étape importante dans la vie d’un judoka qui aura eu la chance de démarrer « jeune ».
Elle peut être (elle devrait être…) hautement formatrice, ...comme elle peut être destructrice.
Elle sera formatrice en ce sens qu’elle place l’individu en face de ses responsabilités. (Prise de décision, gestion émotionnelle et physique, apprentissage de l’effort, prise de conscience de la relative fragilité de la victoire ou de la défaite… humilité, modestie…) Cependant tous les individus ne se présentent pas avec le même degré d’autonomie ou la même capacité à gérer le stress de ce qu’il convient d’appeler une épreuve. Certains semblent armés pour l’affronter, d’autres auront besoin d’un encadrement compétent pour remplir le rôle d’éducateur et « modifier cet angle dans le regard » comme le rappelle Emmanuel Charlot. J’ajouterai « pour modifier également l’angle dans le regard des autres » (Notamment les proches, parents, copains, mais aussi le public). C’est un challenge difficile mais exaltant car on se dirige alors vers une solution gagnant-gagnant même si elle semble en apparente contradiction avec le terme de compétition classement.
J’espère avoir été clair dans mon propos, il ne s’agit pas de discréditer la compétition, (je suis bien trop conscient de ce qu’elle m’a aidé à construire) mais plutôt de la replacer « dans sa juste dimension. »
Il semble en effet à l’heure actuelle que tout soit assujetti au sportif, je devrais d’ailleurs plutôt dire aux résultats sportifs. C’est une vision bien réductrice du message que nous a délivré Jigoro Kano.
Ceci étant posé, je pense donc que la prévention pour lutter contre l’abandon de la pratique du judo passe nécessairement par d’autres approches.

Des propositions enfin:
(Elles s’appuient sur ce que nous mettons réellement en pratique au club, elles n’ont pas la prétention d’être exhaustives, encore moins originales, elles sont tout simplement le témoignage de ce que nous mettons en œuvre dans notre façon d’appréhender le judo)
- S’agissant des compétitions, nous mettons en œuvre depuis de nombreuses années déjà(+ de 15 ans!) dans le cadre du JCGR au niveau des plus jeunes, un système de classement comparable à celui du tennis, qui permet aux enfants d’un tour sur l’autre (Il y a 4 rencontres plus la finale sur la saison) de monter ou de descendre de poules de niveau. Les récompenses sont les mêmes pour tous évidemment, sans distinction de poules. Ce système permet, outre un brassage intéressant, de conserver la possibilité pour tous de remporter des victoires…
- Le projet judo évoqué par Patrick Roux mérite en ce sens toute notre attention. La redécouverte de la signification profonde et de la raison d’être du randori dans nos clubs m’apparaît fondamentale. Faisons –nous réellement Randori ? L’utilisons-nous pour ce qu’il est réellement? ... c’est à dire un moyen (et non un but en soi !) pour progresser, se perfectionner (et pas seulement une fois encore, dans le but d’améliorer ...ses résultats sportifs !).
J’entendais dire il y a peu encore, à l’occasion d’un mondo provoqué dans le cadre d’un stage national d’enseignants : « que c’est une question de culture, que les japonais savent faire randori et qu’à part quelques heureux élus, nous sommes, nous « occidentaux », incapables d’accéder au randori, à son sens profond.
Si le judo est universel comme on se complaît à le proclamer à la suite de son fondateur, il ne peut être question de culture, mais plutôt d’éducation !
Alors oui, il ne suffira pas de décréter que l’on va faire randori pour effectivement faire randori… une nécessaire explicitation du but poursuivi, une réflexion sur les moyens devra accompagner cette mise en œuvre. La pratique du randori, la redécouverte de sa signification profonde, de sa raison d être me paraissent effectivement incontournable.
- Provoquer des « mondo » à l’occasion de stages (Plus facile à mettre en place qu’à l’intérieur d’un cours) est enrichissant. Ne restons pas dans l’implicite, évoquer le sens donné au judo en général et aux apprentissages en particulier n’est pas dérisoire. L’effort mérite d’être fait.
- Valoriser le judoka chaque fois qu’il démontre des qualités judo(et pas uniquement sur le plan des résultats sportifs ou même des participations sportives). Le judoka qui s’implique dans la vie de son club (une foule d’actions sont possibles tant sur le plan sportif qu’extra sportif d’ailleurs) doit être salué. La valorisation de cette implication ne doit en aucun cas être occultée ou même minorée. Nous ne manquons pas par exemple de citer dans le journal du club tous ceux qui par leurs actions ont concouru à traduire en actes « entraide et prospérité mutuelle ».
Un autre exemple, « Le sportif de l’année » récompensé par la mairie dans chaque discipline devant ses pairs n’est pas obligatoirement celui qui a obtenu le meilleur résultat aux compétitions (c’est un aspect pris en compte), mais celui qui, selon nous, (nous avons des critères objectifs pour cela, ... nous avons du moins la faiblesse de le croire) a fait preuve de sa compétence à être qualifié de « sportif »(et en ce qui nous concerne … de judoka !).
-Donner la possibilité de prendre des responsabilités… des vraies. Cela peut se traduire par l’aide apportée dans les cours des plus jeunes ou des moins gradés, par l’arbitrage, l’organisation de réunions sportives (judo… mais pas seulement!) ou résolument « festives ». Se sentir véritablement utile est toujours gratifiant.
Je pourrai continuer à citer des tas d’autres exemples concrets pour illustrer ces propositions mais ils ne présentent véritablement d’intérêts que s’ils font l’objet d’un échange dynamique. Tu as raison, il reste à réfléchir ensemble à ce qui pourrait donner envie à nos élèves de rester au sein du club même s’il est, bien entendu, utopique et « dangereux » de vouloir conserver tout le monde. Certains nous quitteront, parfois même... reviendront… ce qui me paraît important, c’est que quelle que soit la raison de leur « départ », ils soient « restés » des judokas pétris de nos valeurs.

A + le plaisir de te rencontrer et d’échanger sur le sujet.
Cordialement,
Jean-Pierre
 


From: "alliz" <alliz@nrj.com>(29 octobre 2003)
Bonjour!
Si vous le permettez, j'aimerais faire une petite critique du judo français! Bon, c'est vrai que vous avez de grands champions à l'image de David Douillet,  Marie-Claire Restoux, Cécile Nowak ou Stéphane Traineau, et que vous avez une relève plutôt bien assuré lorsque l'on voit les résultats d'Annabelle Euranie par exemple, mais comme le remarque peu à peu la fédé entre autre avec son "projet judo", le "judo" que vous appeler aujourd'hui "sport", c'est indéniablement dégradé dans votre pays ! !
En fait, j'ai moi même commencé le judo en france, ou encore immature et bien jeune, je le pratiquais normalement comme tout le monde, puis je suis partie dans un pays voisin, et je regrette, mais c'est la que je découvert le VRAI judo, celui qui respecte les règles fondamentales de cet art martial. Je peux pas me permettre de dire qu'aucun club de judo français ne respecte les règles du judo, mais, ces deux dernières années, je suis venue faire mes édutes en france et je me suis donc entraîné dans l'un de vos club, assez connu pour être une maison de champions ! Eh bien, permettez moi de vous dire que j'y ai découvert une mentalité tout à fait contraire à celle du judo ! Je suppose que vous connaissez tous par coeur le code moral du judo, je n'ai pas besoin de vous le rappeler, et bien, pour un club d'une renommée comme celui-ci et qui l'avait comme tous affiché dans son dojo, je n'ai jamais vu un tel manque de respect. Tout d' abord, le respect et la politesse, ils connaissaient pas du tout, ils ne saluent jamais Jigoro Kano en montant sur le tatamis, ne vous saluent jamais pour vous inviter à combattre, et en plus quand ils vous saluent c'est sans le moindre respect, en regardant à côté, en parlant à leur voisin, et pire encore, pour les combats au sols, ils ne saluent même pas, ils se mettent directement sur le dos ! Et en deux ans, j'ai jamais entendu des atrocités pareilles, un jour le professeur à demander un l'un de ces élèves compétiteurs de bien vouloir apprendre ces katas, celui-ci a dit que ça ne servait à rien parce qu'il était compétiteur et que les katas ne lui apporteraient rien en l'occurrence ! C'est déjà beau comme mentalité, j'espère que Maître Jigoro Kano n'entends pas de tels propos d'où il repose. Le pire c'est que le professeur, a répondu a cet élève, "tu crois que les champions Japonais ne connaissent pas leurs katas? Ils les connaissent par coeur". Eh bien, figurez-vous que l'élève lui a répondu: "Je m'en fous, je
suis pas Japonais!" J'ai vraiment été choqué, mais il n'y a pas que ça, hormis leur comportement, ils manquaient totalement de respect envers leur professeur, se permettaient de lui répondre. Et puis, il n'y avait aucun échange possible, les Randori, c'était de la compétition, ils sont là pour "s'assassiner" , se "faire bouffer le tapis", pour reprendre leurs propres mots ! Jusque là, rien ne me touchait vraiment, j'assistais à ce spectacle bien désemparé et avec un sentiment de honte pour eux,et je ne serais pas là en train de vous le raconter mais, un jour ce comportement inadmissible m'a touché de plein fouet. Une fille, à qui ma tête ne plaisait pas, m'a pris en randori pour me détruire, elle l'a précisé à tous dans le vestiaire avant l'entraînement... Petite précision, la fille en question fait plus de 70kg!! et moi je suis une petite -48kg... Je tiens les deux premières minutes du combat, elle s'acharne et me balade dans tous les sens, et finit par me coller un Tai-Otoshi juste en dessous du genou... bilan: je me fais opérer du ménisque demain et des ligaments croisés qu'elle à déchiré, à Noël. Ca gâche évidement toute ma saison, et surtout le championnat national de mon pays que je devais faire le mois prochain... Tout ceci, vous apporte guère, peut être même que vous vous en foutez, mais moi ce qui me poussent à vous raconter ma petite histoire, c'est que j'ai rencontré une dame récemment qui m'a raconter l'histoire de sa fille. Sa fille, faisait du judo, et les entraînements étaient aussi du genre "t'es la pour gagner et tu ne tombes jamais, t'as pas d'amis, que des ennemis, bref t'es là pour tuer tout le monde!" Et elle aussi a un genou de bousiller avec la pratique "à la française" du judo, et aujourd'hui, vous savez quoi et bien elle a arrêté le judo! Et moi, j'ai aussi arrêter de pratiquer du judo dans le club français ou j'étais, non seulement parce que mon genou ne me le permet plus mais aussi parce que cette mentalité m'a vraiment dégoûté...
Tout ça pour vous dire que je pense que si la mentalité que j'ai vu dan ce club est la même partout en france, ce que je peux supposer vous l'histoire similaire qu'on m'a raconté et qui c'es passé totalement de l'autre côté de la france, je comprends que les jeunes décrochent ! Vous connaissez des sports ou l'on va se faire démonter la tête à
l'entraînement parce que les autres veulent montrer qu'ils sont les meilleurs?????
Je crois que le "projet judo" de votre fédération arrive à temps, et j'espère pour vous qu'il réussira a remettre la philosophie de Sensei Jigoro Kano au centre de la pratique du judo français, parce que vous courez à la catastrophe. C'est bien beau de vouloir faire des petits champions, mais si il faut le faire en dégradant l'image et la philosophie du judo c'est pas la peine. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il n'y a plus de respect pour Maître Kano, on "crache" sur la technique, on ne pratique pas d'Uchi-Komi, il n'y a que le "randori" qui compte... Je sais que personnellement si je ne faisais pas du judo dans un pays voisin, j'aurais décrocher du judo comme tant d'autres le font aujourd'hui dans votre pays. C'est tout de même rassurant de voir que certains se demandent pourquoi les jeunes fuient le judo, et surtout de voir que la fédé se rend compte du fossé qu'il s'est creusé entre la pratique originelle et celle d'aujourd'hui ! Enfin, voilà, je voulais juste donner mon avis et comme vous me donnez la possibilité de le faire, j'en profite. Je veux juste encore préciser que même si tous cela paraît très négatif, ça reflète ce que j'ai vu, mais je suis tout de même persuadé que ce n'est pas le cas dans tous les clubs français, alors j'encourage ceux-ci à continuer de pratiquer le judo dans les règles de l'art. Je vous adresse à tous mes sincères salutations.
Une jeune judokate.



Réponse d'Emmanuel Charlot (20 Août 2003)


Rodolphe bonjour !
 
Je souscris tout à fait à ta proposition de proposer des circuits différents de compétition - et je crois savoir que cette idée est dans les têtes à la fédération. C'est d'autant plus une bonne idée que les judokas de club, dans mon expérience, ont surtout besoin de compétitions-référence, dans lesquelles ils peuvent s'étalonner d'année en année. Le championnat départemental, les 3e div. ou autres. Dans mon club parisien, tous les élèves confirmés ont fait au moins une fois "Paris-Kyoto" et les grands moments c'était quand l'un d'eux parvenait à sortir de la poule ! Un autre moment important pour ce type de public, c'est aussi les passages de grade (en poules), moments forts pour des judokas "ordinaires".
De mon point de vue, le problème n'est pas de rendre la compétition facile pour tout le monde (même si je viens d'agréer à l'idée de faire des modèles de compétition plus accessibles, plus enrichissantes...), mais de permettre aux élèves de se situer dans le processus, de relativiser, de se sentir gratifier par autre chose que la victoire obligatoire. Ils ne se donnent pas tout à fait les moyens pour gagner le championnat de France, ou même du département, mais ce qu'ils font c'est bien aussi. Le judo est une discipline structurante dans laquelle la compétition est nécessaire, mais essentiellement comme une expérience à vivre. Des judokas nourris au quotidien par l'entraînement au club, où il se pratique un judo de qualité, avec des randoris dynamiques et ouverts, déterminés par l'envie de progresser, de passer enfin leur uchi-mata ou leur balayage, peuvent aller en compétition avec autant de modestie que de passion et vivre de beaux moments (il ne faut pas perdre notre optimisme quant à la capacité du judo à permettre à un bon technicien de club de marquer quelques jolis ippons en compétition...). Ils peuvent surtout se sentir satisfaits de leur pratique, à la recherche du beau geste et du quelque chose en eux qu'ils peuvent sentir évoluer au fil du temps et de l'entraînement. Le judo c'est aussi cela. C'est aussi exaltant, et difficile, que la compétition (qui fait d'ailleurs partie de ce processus). Dans les clubs, les pratiquants "modestes" se racontent aussi bien que les plus ambitieux leurs hauts faits d'armes - les trois combats gagnés sur un passage de grade, le "pion" marqué au premier tour à un plus fort qu'eux...
Voilà. En résumé, sachons "vendre" le judo pour ce qu'il est, une formidable discipline de vie, une recherche sans fin (ni lassitude), une discipline conviviale créatrice d'amitié, un moyen merveilleux pour progresser sur soi-même. C'est un beau programme. La compétition fait partie de ce processus à sa juste place. Chacun devant la vivre en fonction de son expérience : le championnat du monde pour Larbi Benboudaoud, les interrégions pour un cadet qui a décidé de s'y mettre cette année, le passage de grade pour celui qui a découvert la discipline à trente ans et qui vise la ceinture noire, ou d'autres événements que tu appelles avec raison de tes voeux. Mais n'escamotons pas la difficulté, car elle est inhérent à la compétition, nécessaire à son intérêt. Sachons seulement expliquer que l'échec n'est pas l'échec, mais une expérience réussie de compétition, une avancée sur le chemin de la connaissance de soi, des progrès. C'est une question d'angle dans le regard.
J'ajoute que je suis, comme toi, toujours un peu triste de voir "ceux qui aurait pu" renoncer. Mais je pense que c'est un vrai risque que courent les professeurs de concevoir une forme d'amertume, d'être atteint affectivement par cela. Les gens s'en vont. C'est comme ça. Ils ont toutes les raisons pour le faire, bonnes ou mauvaises, et ce ne n'est même pas toujours négatif. Il faut sans doute rester serein par rapport à cela et se contenter, pour ce public, d'avoir su leur donner des raisons de revenir. Et les quelques uns qui restent, seront vraiment, comme nous, des gens marqués, édifiés, par le judo.
 
Emmanuel Charlot

Réponse de Patrick ROUX (28 mai 2003)

Salut RODOLPHE,
 
J'ai bien aimé ta chronique intitulée "Le judo et les infidèles". Je travaille actuellement sur un projet avec Didier JANICOT, Fabien CANU, Jean Luc ROUGE, Emmanuel CHARLOT, Yves CADOT, Pierre JAZARIN, Serge GUEMARD. Nous avons nommé ce projet : PROJET JUDO !
Il reprend à peu près les problématiques que tu traites dans ta chronique:
-Le judo n'est il fait que pour gagner des médailles ?
-Peut on encore se faire plaisir en faisant RANDORI ?
-Comment retrouver les procédures qui permettent de rassembler différentes générations de judokas sur un tapis et de leur faire faire ensemble un judo de qualité, sans risque de blessure.
-Mais encore comment organiser la transmission des connaissances des anciens vers les plus jeunes.
-Comment valoriser la culture judo et montrer qu'elle véhicule du sens pour la jeunesse d'aujourd'hui ?
-Comment retrouver les idées de J. KANO en terme de projet éducatif et social ?
Nous allons faire le tour des régions dans les prochains mois pour animer des séances de RANDORI souples et ouverts avec les profs, les ceintures noires, les hauts gradés, les cadres techniques, les dirigeants. Ces séances seront suivies de MONDO sur les sujets listés plus haut:
-le judo à quoi ça sert et quel rôle peut il jouer dans l'éducation aujourd'hui...
Nous avons aussi besoin de professeurs qui seraient intéressés pour amener leurs savoirs faire, leurs expériences, leurs réflexions...
 
Je te propose donc une rencontre à l'INJ; Tu peux me recontacter sur mon E-mail ou sur mon tel portable 
A bientôt, et je suis impatient de lire ta prochaine chronique,
 
Cordialement,
 
Patrick ROUX

De: "Patrice ROGNON" < patrice.rognon@wanadoo.fr  >

Cher Rodolphe,

Je me refuse à penser, que les structures Pole ESPOIR ou FRANCE constituent des raisons objectives à l'abandon de notre activité par les jeunes. Au contraire, ces structures sont des outils performants pour des jeunes désirant réaliser leur double projet "Etudes et Sport".

Vous avez souligné à juste titre que le Haut Niveau est réservé à un "petit contingent" de notre population. Entre parenthèses ces structures ne sont pas des usines à champion. L'épanouissement des jeunes constitue la priorité des responsables.

Si la fédération ne peut tout gérer, sachez que les O.T.D non plus.

La fidélisation de notre "clientèle" passe d'abord par la base de la pyramide c'est à dire le club. Il est vrai que beaucoup de cadets, juniors décident d'arrêter. Surtout dans les clubs ruraux où le passage en seconde signifie l'arrêt de l'activité.

La balle est donc dans le camp des clubs et à l'imagination du couple "élu- enseignant".

A bientôt ami

P.R

From: Ptitbanzai@aol.com

Cher rodolphe.
C'est souvent avec fierté que l'on nous dit: "en France chaque année il y a dans le judo un processus de tournus qui fait que 100 ou 200 000 gamins arrêtent leur pratique MAIS qu'ils sont aussitôt remplacés par 100 ou 200 000 autres.
Que faire alors pour garder dans notre discipline un petit pourcentage de ceux qui arrêtent en continuant toujours t'attirer le même nombre ou plus d'arrivants ????

Notre discipline, à mon sens fonctionne en dans l'anonymat. Imaginer dans une cours de récréation un groupe de 4 gamins discutant de leur passion.
Il va y avoir le petit footeux qui va pouvoir parler de Zidane qu'il a vu la veille sur Tf1 ou de Lizzarazu sur Canal + et même de son cousin éloigné qui joue en 2ème div à Rouen qu'il aura vu sur Eurosport.
Il y aura le petit basketteur avec son maillot de Parker qui envisage de s'acheter les  Nike Air Jordan
.Le petit tennisman après avoir suivi depuis juin , Rolland Garros, Wimbledon , Flushing Maedow où il n'a pas pu trop s'identifier aux francais ( peu en verve) , mais de toutes façon il adore Andy Roddyck, Agassi et Kuerten avec un petit faible pour Kourtnikova qu'il aperçoit dans les magazines et les publicités , et pourra tout de même renforcer son espérance nationale durant la fin de l'année quand les français brillent généralement en Coupe Davis.
Et même le petit pratiquant de handball va y aller de ses commentaires sur l'équipe locale que son père emmène voir un week end sur deux à la salle omnisport. Et qui suit les matches à l'extérieur sur Sport +.
Et le petit judoka dans tout ça. Il va pouvoir parler de Larbi , de Jossinet qui a fait trembler le monument Japonais Tamura etc...    MAIS SEULEMENT CETTE SEMAINE , car il vient d'y avoir les championnats du Monde et qu'il y a eu une petite couverture médiatique et encore sur le câble ou tard dans la nuit sur France Télévision. Et le restant de l'année il va écouter ses petits camarades et avoir plus d'intérêt pour une autre discipline qu'il pratiquera                                                                   
l'année suivante.

Vous me direz," il s'en sort bien il aurait pu pratiquer la lutte, l'escrime "ou que quand il prend part à une compétition on ne lui donne pas une aspirine et un guronsan comme au petit cycliste [ humour].

La chance que peut avoir ce petit judoka, est d'avoir dans son club un professeur passionné , motivé où de son enseignement ressort un engagement personnel , des démonstrations clairs et efficaces qu'il cherche a voir réalisées par ses élèves sans fausses complaisances nuisibles et dangereuses à la pratique future du jeune.

Je m'explique: L'enfant n'est pas dupe et si lorsqu'il effectue une technique il n'a pas le sentiment que son mouvement a l'amplitude souhaitées et que son professeur lui assène des :" c'est très bien " et ne corrige jamais ses erreurs, son geste ne lui procura pas le plaisir de la projection mais le sentiment d'un sac de patates qui s'écroule sur ses mollets. On pourrais comparer la projection au gymnaste qui n'arrive pas à effectuer le salto avant sur un gros tapis, mais que le copain du club voisin maîtrise ou pire un novice au cours de gym à l'école.
Nuisible car il  va se lasser sa pratique ne lui procure pas assez d'émotions. Et que l'on ne me sorte pas l'argument de l'age ou 'j'envoie les réfractaires sur une rampe de skateboard voire ce que les enfants sont capables de réaliser avec des rollers, en skate ou en BMX (vélo).Des Figures cents fois moins difficiles qu'un seoi nage ou qu'un uchi mata maîtrisé.
Dangereuse car le professeur qui n'osera pas rectifier l'uchi komi mal fait de son poulain aussi jeune soit-il s'expose à des risques de blessures d'une pratique traumatisante pour l'articulation. A moins que le professeur ne détienne lui même pas la forme du mouvement. Ou qu'il ne sache programmer ou décomposer la progression de la technique.

Malheureusement je crois que le problème se situe par là. Le brevet d'état option est un diplôme que n'importe qui peut obtenir sans difficultés. Et secondo pour beaucoup d'enseignant le judo est seulement un gagne pain et le cours une garderie avec des clients.

Concernant l'option judo du brevet d'état. L'examen et la notification sont fait de telle manière que l'on peut glaner des points sur la théorie (les épreuves écrites ou orales), sur la démonstration judo où l'on arrive à peu près à reproduire les techniques demandées, avoir une petite expérience en jujitsu , mais ne pas savoir réaliser une seule technique avec un geste parfait. Je tire cet exemple de mon expérience personnel où j'ai vu lors de l'épreuve de judo un futur BE avoir une très très bonne note, parce qu'il avait réussi à faire toutes les techniques demandées en judo debout, au sol et en jutjitsu. Que sur la technique tirée au sort ( parmi un demi douzaine que l'on connaît avant l'examen), il s'était rappelé des différentes démonstrations en croix, en contre, dans l'attaque etc... Seulement c'est du part coeur le fond est réalisé mais il fallait voir la forme de technique effectuées les fesses en arrière, une ouverture inexistante ...Résultat un 19 pour un jeune homme qui n'a pas confondu hara gatame et je ne sais quoi qui a vaguement fait o tsuri goshi... Mais ce jeune homme dans son  futur club lorqu'il démontrera les techniques , les enfants n'auront que lui comme forme d'apprentissage vicariant. Malgré tout il avait également eu de très bonnes aux écrits ,il a été l'un des premiers de cette promotion mais le judo est un sport complexe et technique et on doit pas se limiter à envoyer à des enfants des gens qui ne maîtrise pas les fondamentaux du judo.

C'est sévère mais je pense qu'aujourd'hui la fédération a suffisamment de demande de professeurs pour pouvoir élever et modifier l'attribution de son diplôme d'état.
Et de plus de se doter d'un droit de regard et d'intervention sur les professeurs leur diplôme obtenu.
En effet, pour beaucoup il s'agit d'un moyen lucratif et toute la déontologie, tacite  certes, apprise de l'apprentissage disparaît le fameux sésame en poche. Et que voit on dans les clubs même les plus prestigieux se dotant d'athlète de haut niveaux et incapables d'en former eux-mêmes une course aux adhérents, avec de très jeune professeurs, qui font leur séance comme à ouvrier à la chaîne. Sachant que les adhérents qu'ils perdent seront remplacés par d'autres l'année d'après, le judo ayant une bonne image pédagogique pour les parents.


From: "Pierre STIEGELMANN" <stiege-p@paris-valdeseine.archi.fr>

 Sur ce sujet nous sommes nombreux a trépigner d'impatience. Une fois
 encore, la solution, la seule (s'il y en a une), c'est le par équipe et ce
 dès le plus jeune age, et ce dès le niveau départemental. Je ne suis pas le
 premier a exprimer cette évidence, d'autres, au plus haut niveau, l'ont
 déjà énoncé. Pourtant, rien n'est fait dans ce sens. Tout le monde semble
 s'accorder à reconnaître que l'avenir du judo "c'est le par équipe", de la
 base au sommet, (ce qui, entre nous, revient à renouer avec le judo des
 origines), mais l'autorité manque pour imposer cette évidence salutaire. Il
 y a là une forme de passéisme, (dans le mauvais sens du terme), des plus
 néfaste. On dort.



From:  jean-claude.carrere@cnes.fr

Bonjour,

Votre article sur l'infidélité au judo (et au club) des jeunes cadets et juniors m'a beaucoup intéressé.Je suis moi-même non-judoka (ancien rugbyman) mais père de 3 garçons qui pratiquent le judo en compétition :
- Jérémy a commencé à 6 ans. Il a 20 ans aujourd'hui et est 2ème Dan.
- Jonathan a commencé à 7 ans. Il a 18 ans (donc Junior) et est 1ère Dan.
- Julien a commencé à 7 ans le judo, puis a fait du Tae-Kwondo pour revenir vers 9 ans au judo. Il a 15 ans (donc Cadet) et est ceinture Marron. Leurs cursus sont un peu différents : Mon fils aîné a eu assez rapidement des résultats et a intégré une filière Pôle Espoir à Toulouse qu'il a dû quitté par suite de difficultés à mener de front une intense activité judo et ses études. Le second a quand à lui été obligé de s'arrêter pendant un an pour raisons de santé et a eu un peu de mal à revenir à son niveau quand il a repris. Néanmoins bon judoka il a aussi intégré la filière Pôle Espoir à Toulouse qu'il a quitté cette année à cause de la réorganisation de ces filières qui font la part belle aux cadets. Sans vouloir être prétentieux, ces nouveaux partenaires (cadets 1ère année) n'étaient pas assez solides pour un junior 3ème année de 73kg. Le dernier n'a pas bénéficié du groupe qui existait au départ pour chacun de ses frères dans le club (4 à 5 jeunes compétiteurs de leur âge) et, sans ces partenaires variés et motivés, il n'a pas (encore) atteint le niveau de ses frères. Cette saison ils ont tous les trois changés de club pour signer dans un club très performant au niveau compétition (le Stade Toulousain pour ne pas le nommer) afin de profiter de la structure, de la qualité des professeurs très compétents et du nombre de partenaires variés et de niveau bon à très bon (Frédéric Demontfaucon et Guillaume Fort sont au Stade mais il y a d'autres très bons judokas). Ils espérent ainsi franchir un palier. Notez qu'ils n'ont pas laissé leur club d'origine et de toujours (le T.B.J.) où ils ont gardé leurs copains et où ils vont de temps en temps s'entraîner. Je m'excuse d'être un peu long mais je pensais qu'il était bon de nous situer. Pour revenir donc à notre sujet je dirai que je constate aussi une diminution des groupes cadets et juniors dans tous les clubs car je suis mes enfants et je connais presque aussi bien les autres jeunes de leur âge dans les autres clubs. C'est vrai qu'entre 15 et 20 ans les jeunes sont attirés par pleins de choses plus "faciles" et plus "brillantes" que de faire de la compétition le week-end et de s'entraîner quelques soirs par semaine (sans compter les études). C'est d'autant plus vrai pour le judo car j'estime beaucoup les judokas-compétiteurs qui pratiquent un sport difficile, très technique, qui demande une grande condition physique et, surtout, beaucoup de modestie et maîtrise de soi. Ce dernier point est très important car, lorsque la victoire est là c'est agréable, mais quand on est battu, que l'adversaire vient de nous mettre un bel ippon applaudit par le public, on doit se sentir bien frustré et bien seul dans sa défaite. Il faut alors savoir l'accepter et saluer son vainqueur et, souvent, se rhabiller pour rentrer chez soi en ayant perdu ses illusions de médailles ! Dans ces cas-là il faut être vraiment fort et motivé et avoir un soutien (familial ou du club) pour continuer à bosser ce magnifique sport. L'idée d'organiser des championnats 2ème division pour les jeunes me paraît excellente car elle devrait permettre aux "moins bons" d'avoir plus de chances dans des compétitions plus abordables même si c'est vrai qu'on risque d'y retrouver des "plus forts", mais moins nombreux, éliminés prématurément des compét' supérieures. A cela je voudrai ajouter quelque chose qui me tient vraiment à coeur et que je n'ai pas toujours compris depuis 14 ans que je suis dans le monde du judo : beaucoup de fédérations font des efforts pour se faire connaître, pour faire évoluer l'image de leur sport, pour la rendre plus facile à comprendre, moins hermétique pour le grand public, mais qu'est-il fait par la fédé du Judo ? Les autres fédérations ont compris une chose importante : - le sport d'élite est obligatoire pour véhiculer l'image du sport : il permet à ceux qui pratiquent de servir d'exemple et d'objectif à rêver d'atteindre. il permet au grand public de voir ce que les grands champions sont capables de faire et d'atteindre en terme de techniques. Si je prends l'exemple d'un artisan, je suis admiratif de voir la dextérité et la maîtrise d'un très bon artisan mais je ne serai pas impressionné par un artisan maladroit...
- le sport de masse est obligatoire car, au delà de l'aspect financier (pas mal de clubs vivent grâce aux 200 mini-poussins et poussins qu'ils drainent...), il apporte la reconnaissance au niveau du pays et la possibilité de dégager des futurs champions.
Pour le deuxième aspect, je pense que la FFJDA maîtrise bien son sujet car le judo reste toujours un des premiers choix d'activités pour les parents lorsqu'ils en cherchent pour leur rejeton. Pour le premier, je pense qu'il y a un énorme manque : mis à part les JO, combien de minutes (je ne parle même pas d'heure) sont consacrées sur le média principal, la TV, aux compétitions importantes du genre Mondiaux, Europes, voire grand tournoi ?
A part Douillet, quels sont les judokas que connaissent les Français non pratiquants ?
Bien sûr le Foot est une extrême qu'il ne faut pas chercher à copier mais il a une aura importante auprès des jeunes (même mes fils pourtant pas footeux connaissent pas mal de joueurs et se sont mis à taper la balle avec des copains). Je pense que la Fédé a un chantier important à mener pour que ces images des judokas Français (par bonheur nous sommes compétitifs au niveau mondial dans ce sport) apparaissent suffisamment souvent pour motiver les jeunes et ainsi, peut-être, les garder. Je ne suis pourtant pas sûr qu'elle veuille vraiment ouvrir ce chantier et c'est dommage. Leur magasine (Judo magasine) est pourtant un moyen de communication que je trouve excellent (je n'en rate pas un), leur site Web est très bien fait mais tout cela reste adressé à un public limité et "connaisseur". Voila, je vous demande de me pardonner car j'ai été un peu long mais l'occasion était bonne pour s'exprimer.
Bonne année 2003 à tous et bon courage aux judokas pour les compétitions à venir.

Jean-Claude CARRERE
CNES Toulouse - Bpi 1201
Exploitation des systèmes Opérationnels
Dept. Traitements et Télémesures
*05.61.27.37.86, Fax 05.61.28.16.40

* jean-claude.carrere@cnes.fr


From:  petite-baleine@oreka.com
DES IDEES POUR FAIRE AVANCER LE SCHMILBLICK. 

J’ai lu Rodolphe avec intérêt ta chronique et sache que tes sentiments sont partagés. Oui on pratique et enseigne un sport formidable. On est certes 600.000 licenciés, mais sûrement au moins 1 million si, on compte les anciens pratiquants. La discipline a une bonne image auprès du public, néanmoins ce n’est rien à côté de son potentiel. Garder nos jeunes, leur donner les moyens de réussir et de s’accomplir sont des pistes à étudier. La création d’un championnat pour nos ados qui ne sont pas en sport étude. Pourquoi pas ? Mais, je pense personnellement que c’est l’accumulation de petits couacs qui fait bugger le tout.

 La France compte 5500 clubs et en majorité des petits clubs de 50-60 licenciés. Dans ces clubs, il existe des jeunes passionnés par le judo. Néanmoins ils arrêtent. Tu le sais je suis originaire d’un petit club de cambrousse, j’ai pas mal bougé, et, j’ai vu ce qui se faisait à l’université, en classe sport étude, dans les gros clubs, et dans les petits qui disposait d’un dojo. 

Si la fidélisation du public cadet/junior est difficile pour tous les clubs, pour les petits clubs le problème se pose dès la catégorie minime. En effet, bien souvent dans nos petits clubs (dans le vivier des sports études), il n’y a pas toujours un cours pour les benjamins minimes. Tu es benjamin/ minime et une crevette : Cours des petits, tu es bien charpenté, précoce dans ta puberté : cours adulte. Alors le tableau qui s’offre à toi est le suivant : soit, tu dois faire toujours attention, tu t’emmerde même et ton judo se sclérose, soit tu tombes et tu ne fais jamais tomber alors tu doutes et bien souvent tu arrêtes.

Vient alors s’ajouter à cela, le problème des TAPIS.  AH putain qu’est-ce que c’est chiant de poser et d’enlever les tapis. Suffit que tu sois en pleine période d’acné et c’est le bouquet. Ben ouais, on les enlève et on les remet, on se fait critiquer parce que ça fait de la poussière…. Et au final les tapis ne sont propres que le jour de la livraison et le jour du nettoyage, quand nettoyage il y a.
Joignons à cela, la difficulté pour ces mêmes clubs de proposer des cours en adéquation avec la demande des adultes. Combien d’adultes ont pratiqué le judo et, arrêté pour raison professionnelle ou parce qu’ils ont du déménagé ? Sérieusement combien d’adultes ayant pratiqué dans un contexte agréable seraient prêt à continuer dans le petit club local, où les tapis ne sont jamais posés ? Pour certains ça fait partie du folklore, ça toujours été comme ça alors  on se résigne. Mais le fait de ne disposer d’aucuns lieu de pratique, lieu éducatif au final est un handicap. En fait la question qu’il faudrait poser est combien de judokas parmi ces 600 000 ont connu un dojo ?  Personnellement plus que la fidélisation, je pense que la fédération doit s’évertuer à créer une culture judo dans le pays.

  • Si la fédé ne peut faire construire des dojos, elle peut faire germer l’idée. Communiquer autour. Aider à éveiller l’intérêt. Il n’y a pas de club de tennis sans terrain, mais il existe de nombreux club de judo sans dojo. Imaginer des maisons du judo un peu partout. Chaque commune à son église puis son terrain de football, son terrain de tennis, un multisport, sa salle polyvalente. La logique prochaine pourrait être un club, un dojo. Fini les séances écourtées parce qu’il faut libérer la salle, démontés les tatamis et, les stockés dans un coin. Le dojo en campagne, le lieu de rencontre des jeunes… beaux rêves ????

Fini les cours annulés car la salle des fêtes est réservée pour autre chose…

L’opportunité pour tous ces clubs de se développer, de disposer d’une marge de  flexibilité sur les créneaux, de proposer des cours appropriés. D’en finir avec ce cours adulte où se regroupent compétiteurs, judo loisir, technique, ju-jitsu et où au final, personne n’est satisfait. D’investir dans du matériel pédagogique adapté. En effet, quand tu as tout juste la place pour les tapis et que tu les montes, tu ne peux pas toujours avoir des tapis de chute, du matériel baby judo….

  • Pour ce qui est des compétitions, je suis plus pour l’organisation d’un circuit pour chaque catégorie d’age. Ainsi il n’y aurait moins de laissé pour compte dès la fin du 1er trimestre. Des circuits, où la finalité est d’initier les enfants à la compétition et non de faire de l’argent. Où l’on recherche plus à bien organiser une bonne fête, plutôt qu’une foire aux bestiaux. En gros, plus fédérer ce qui se passe en club et cesser avec le judo business. Avec ses frais d’inscriptions délirants, ce parcage des enfants et des parents, cette intransigeance dans le contrôle des passeports. Combien d’enfants se font recaler des championnats pour problème administratif ? Je suis un minime qualifié aux interrégions et, je ne combats pas car j’ai pas tel papier. D’ailleurs vous n’avez jamais remarqué que si vous vous inscrivez dans un club en janvier votre licence n’est pas valable puisque le duplicata s’arrête au 15 novembre.

L’organisation d’un tel circuit m’apparaît d’ailleurs comme urgent pour les catégories féminines. Combien de tournois, de compétitions amicales de petits clubs s’adressent aux benjamines et minimes filles ? Actuellement, si je suis une fille minime et que je pratique en club, il y a de forte chance pour que je me présente aux championnats officiels sans avoir fait un tournoi de préparation. Il faut donc rétablir de l’équité.
En parlant d’équité. Connais-tu la dernière petite anicroche permise par le règlement fédéral qui semble ne choquer personne. Sais-tu qu’on peut en étant lycéen ou étudiant à la fois, être qualifiée pour les France UNSS et les France Corpo ? Si ça ne gêne personne alors ok j’accepte.  

  • Enfin il est indispensable que la fédération communique mieux avec ses jeunes adeptes. La fédération est copier dans de nombreux domaines par d’autres. Mais sur le côté spectacle, elle doit faire de même et se remettre en question. Les cassettes sur le judo sont soporifiques et pas attrayante du tout. Le côté austère, ça ne marche pas. Je pense tout comme toi qu’on peut mettre en scène le judo de manière plus fun que cela soit à partir d’images anciennes ou récentes. Une culture judo, ça se construit et s’entretient, or nombre de nos jeunes ne connaissent personne à part David Douillet. Voir une vieille photo de Yamashita ou Geesink c’est bien mais le média vidéo est plus sympa et efficace. De plus avec les moyens actuels, il est sûrement possible de faire des montages dynamiques sans dénaturer la discipline.

Brice (76)


From: "nicolas PEREA" <nicojudo@club-internet.fr>

> Belle chronique, mais bon je crois que c'est le quotidien du prof de Judo; Malheureusement.
> Deux exemples: 
1°/ La fédération n'a aucune reconnaissance pour les clubs.
> Pourquoi faire une coupe de france cadets par équipe au mois de juin, les
> jeunes sont déjà en compétition dès le mois de septembre chez nous dans le
> loiret. Le gamin va faire des sacrifices pendant 10 mois, alors que ces
> copains vont pouvoir profiter de la vie tous les week-end.De plus le judo a > peut-être un problème d'adaptation à la société de consommation, le Judo est un
> sport très dur moralement et physiquement; des fois on s'entraîne comme un
> "barbare" pour rien
>
> 2°/ Je crois que le jeune qui commence à 6 ans, il est lassé à 17/18 ans
> même si celui-ci a un niveau national cadets, Ceinture Noire 1ER DAN et
> Arbitre F1(1er en coupe inter-régional cadets).On lui dit
> gentiment:"aujourd'hui je ne suis pas très satisfait de ton entraînement"
Et  là plus de nouvelle, plus de judo trop de travail? mais aussi prime de
match  au foot ? Bref, le jeune ne se pose pas la question de savoir combien de
> week-end, son prof a consacré pour lui au lieu de s'occuper de sa famille.
> Non il arrête et c'est tout!!! Et sa famille , INEXISTANTE DE  RECONNAISSANCE...
>
> Pour conclure, l'arrêt des jeunes est inévitable, je sais je parle comme
> un cheval qui va à l'abattoir c'est à dire résigné et pourtant je n'ai que
> 27 ans. ça fait mal un jeune qui arrête mais il faut faire avec... Il faut
> s'occuper de ceux qui restent  et continuer à vivre sa passion car il y en
> aura d'autres, mais il y aura d'autres jeunes qui resteront un jour sans
> être un champion tout en étant des gens qui méritent que l'ons'occupe
d'eux.

 nicolas (j3 Sports AMILLY JUDO)


Sent: Monday, December 16, 2002 7:36 PM
Subject: chronique de rodolphe
 

Je trouve ton article tt a fait bien construit et explicatif tt d'abord. Je suis judoka depuis 25 ans environ, j'ai commencé en petit club et je me suis bien reconnu ou plutot reconnu mes camarades ds ton discour. J'ai fait le meme constat en matière d'abandon à grenoble, en sport étude, et àprès mon année au Bataillon de Joinville. Moi, c'est la compét qui m'a tjrs accroché et qui me fait continuer, c'est clair.  Ton idée de divers nivx de compétition me semble tt a fait bien et reste à défendre. C'est bien. Pour ce qui est des visites des champions, c'est plutot de la responsabilité des dirigeants que des athlètes, et puis le sport biseness aussi. Ds mon expérience, je pourrais te proposer une idée, plus pr le "recrutement" que ton problème mais ca se rejoint.  j'ai l'ai défendue aux Arcs, en station de ski, l'été. J'ai animé le judo 2 ans et j'ai initié plusieurs centaines de jeune au judo. La deuxième année, j' ai pu avoir des images et autres bricoles de la fédé. mais c'est pas assez, ils ont les moyens de promouvoir encore + l'activité.Persiste et signe.

A+
Sent: Tuesday, December 17, 2002 12:18 AM
Subject: chronique de rodolphe

Bonjour !

Etant moi-même professeur de Judo et enseignant dans le Var depuis un peu plus de 10 ans, j'ai lu avec beaucoup d'attention cet article traitant entre autres de l'abandon de la pratique du Judo de plus en plus fréquent dès que nos élèves approchent les catégories d'âge cadets et Juniors, voir même avant...L'idée est bien entendu bonne de vouloir éventuellement créer une 2ème div chez les jeunes ou des championnats des "judokas qui ne s'entraînent que 2 fois par semaine", mais je suis néanmoins sceptique quant à sa mise en place. Lorsque l'on voit l'évolution ou la tournure qu'ont pris ces 3 ou 4 dernières années les championnats entreprises(ex-corpo auxquels j'ai pris part personnellement près d'une demi-douzaine de fois) et les 3èmes division que l'on nous présentait au début comme des "animations", je me dis qu'on va avoir du mal une fois de plus à empêcher certains gros clubs et même certaines structures fédérales de vouloir être à tout prix présents et meilleurs partout quelques soit le niveau proposé en alignant systématiquement leurs quelques éléments toujours très prometteurs qui ont eu la malchance, les pauvres, de "glisser" ou être victime d'un mauvais arbitre lors des championnats du niveau dit supérieur..., et de pouvoir ainsi sauver leur saison en étoffant leur palmarès d'un titre ou d'un podium national largement plus à leur portée. La preuve en est de la présence de plus en plus nombreuse lors de ces championnats dits de seconde zone d'anciens pensionnaires de la première div sur le retour, de jeunes espoirs accompagné parfois même par quelques responsables de pôle France ou espoir, j'ai même vu en 2 occasions aux France entreprises un ancien médaillé olympique tenter d'y faire un come-back, sans résultats, hélas pour lui, c'est dire si le niveau est accessible pour les judokas sensés faire partie du monde du travail et ne pouvoir s'entraîner qu'une à 2 fois par semaine....Imaginer la même chose avec une 2ème div en cadets et en junior : comment voulez-vous vérifier le volume d'entraînement des judokas qui s'y inscriraient ?La coupe du Var cadet a eu lieu il y a deux semaines, nous sommes en Décembre, et tous ceux qui ne se sont pas qualifiés pour le niveau régional ont quasiment terminé leur saison à moins d'avoir la chance de faire partie du pôle machin et d'être repêché hors quota !Bien sur il reste les tournois, mais il n'y a quasiment plus un tournoi en cadet qui soit d'un niveau accessible justement à des judokas ne s'entraînant qu'en structure club. Alors il reste la possibilité de s'orienter vers des sports sans doute plus abordables et plus exotiques, où vu le nombre de pratiquants, il est quasiment impossible de ne pas parvenir à prendre enfin part à un championnat de France, aussi "bidon" soit-il... J'ai en exemple un minime de chez moi qui avait à priori un bon potentiel, il n'a pas eu la patience de persévérer pour obtenir des résultats, ce qu'il voulait, comme beaucoup, c'était gagner, vite et si possible sans trop avoir à en baver. il a arrêté il y a 1 an de cela et il a trouver sa voie : il est devenu champion de France minime de joutes provençales et il a enfin eu son heure de gloire au village où il habite... Certes, en vous relatant cela, je me rends compte aussi que je ne propose pas de solutions, mais y en a-t-il vraiment ? Je l'espère et croyez-moi j'y réfléchi beaucoup, mais rien ne vient ! J'espère ne pas avoir été trop long et à bientôt sur les tatamis. 


 C'est vraiment un dur combat, une "croisade" !!!

En ce qui me concerne, je suis BEES2 judo avec une licence STAPS spécialisée dans le handicap et une équivalence à un 2ème degré en plongée . j'ai bourlingué à travers le monde pendant des années ou j'ai utilisé et vu des méthodes péda. modernes mélangées aux traditionnelles ; pris de nombreux contacts avec le Japon. Je suis de retour depuis 96 et victime du système associatif français, je n'ai plus de club depuis 2 ans. Je suis dans la région Cannoise qui compte peu de clubs à cause des loyers prohibitifs. Enfin, le drame pour mois est de voire mon jeune fils auquel on enseigne dans un club fossilisé une pale copie de la methode kawaishi sur un partenaire mannequin...

bon courage! ERIC

From: ericj06


salut!!

 Cet article est tout à fait véridique, j ai 20 ans j pratique depuis 4 ans et 1/2, donc presque 15 ans dans le même club. En poussin on était un bon petit groupe, jusqu en minime, les premiers sont partis pour leur travail (Hôtellerie avec des horaire inadaptées pour la pratique d un sport le soir). D autre pour le sport étude, mais les études on endors pris le dessus. Aujourd'hui je suis le seul de ma génération dans le club. et moi même je suis obligé de diminué les fréquence d entraînement. J aime bien certaine de tes idées comme faire des vidéos ou améliorer l orga des compétitions. Sur Lyon on subit un manque d effectif trop souvent, des mesure on été prise cette année, mais c draconien. Aussi crée une 2nd div pour les cadets c une bonne idée à développer. "on pourrait apporter aux profs des techniques de communication ou des outils efficaces, voir tout simplement des idées pour fidéliser nos adhérents."une idée pareil ne devrait par sortir d un judoka, le club de judo en tout cas pour moi c d abord un esprit de famille, on est pas dans un supermaché, pk pas une année gratuite  tt les dix ans aussi!! et puis l idée de faire une compétition  comme les supermotars de Bercy me parrait difficile à réaliser. je critique mais propose rien pour garder les jeunes, parsk la stabilité chez les jeunes, en général c pas à l  ordre  du jours. Enfin c bien d appeller le profète yaka mais si depuis tjrs les compets sont comme ça y a une chtite raison. parceke les jeunes fo bien les peser.... mais c bien vraiment bien d avoir soulever c problème qui revient régulièrement o club

 
@++

From: romedenne

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