La Chronique de Rodolphe

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Le judo et les infidèles 

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Nous sommes,  un grand nombre à pratiquer le judo en France, bientôt 600.000 je crois. Cela fait de notre passion le 3ème sport olympique le plus pratiqué en France … pas mal !

Toutefois j’ai la vague impression que si l’on tient compte de ceux qui pourraient pratiquer ENCORE le judo et de ceux qui pourraient le pratiquer TOUT COURT, ce chiffre de 600.000 pourrait  peut-être sembler un peu moins impressionnant.

Sans connaître, ni les derniers chiffres ni les dernières statistiques fédérales à propos des populations pratiquantes  par catégorie d’âge, je suis certain à en croire les  nombreux profs de judo avec qui j’ai eu l’occasion de m’entretenir sur le sujet, que les cadets et les juniors sont ceux qui posent le plus gros problème de fidélisation au sein de nos clubs.

Cette situation est d’autant plus dommageable qu’elle touche de plein fouet  des jeunes ayant déjà atteint un niveau de connaissance technique non négligeable. Quel rage de voir tout ce travail mis à bas sur un simple coup de tête, quel sentiment d’échec face à une situation aussi navrante. Quand on pense que ces gamins lors de leur arrivée au club ne maîtrisaient même pas la « galipette » et qu’on en était presque rendu à la compréhension du terrible sankaku ou du redoutable yoko-tomoe !

Quel prof de judo n’a pas ragé face à l’abandon de ce jeune judoka qui pratiquait comme un « barjo » depuis l’âge de 6 ou 9 ans, avec lequel on avait la réelle impression de partager une même passion, parfois même on avait le sentiment d’avoir tisser des liens affectifs aussi, voir plus forts qu’avec son propre enfant ?

On disait de lui dans les vestiaires du club ou même dans la presse locale qu’il ferait sûrement un grand champion ou un excellent technicien dans les années à venir, on en était rendu, en tant que prof de judo, à essayer de ne pas tomber dans une surenchère médiatique à son sujet, à dire qu’il fallait faire attention qu’il n’attrape pas la « grosse-tête » … Et là, en ce début de saison, le couperet tombe, : « il est pas là Julien ou Romain ou Brahim, Sabrina ou Marie ou Julie ? » - « Heu … non M’sieur y m’a dit qu’il arrêtait le judo, y va faire du foot ou du roller ou de la boxe thaï ! »

Vous je ne sais pas, mais moi c’est le genre de dialogue qui ne me fait pas hurler de bonheur.

Quel prof de judo n’a pas imaginer un jour ce à quoi ressemblerait son club s’il était parvenu à garder 80% des adhérents qui ont porté le kimono au moins pendant une saison, depuis la création de sa section judo ? Tu t’imagines toi le pied, 80% des judokas qui ont fait du judo dans ton club au moins une saison sont encore là !

Alors bien entendu, il y à toujours la possibilité de se raccrocher à un truc du style : y à plus de jeunesse, c’est la faute à la société ou à cause de la télé ou encore que c’est les parents qui sont trop comme-ci ou pas assez comme çà ou enfin que c’est qu’il y à trop de sports proposés, les vocations se diluent …

On entend aussi que c’est la faute à la fédé. « y zon ka nous donner les moyens de les retenir ces jeunes au lieu de s’occuper que de l’élite ! »

Non mais franchement qu’elle rigolade ! Où est la responsabilité de la fédé. dans ces démissions dramatiques autant pour elle que pour nous ?

Non, soyons sérieux chers collègues, arrêtons d’accuser toujours les mêmes de nos échecs en matière de fidélisation des jeunes. 

La FIDELISATION, de nos pratiquants doit être au centre d’une réflexion intense, il faut inciter les profs, les dirigeants, les parents, les judokas eux-mêmes,  à faire chauffer leur matière grise, tout est bon à entendre sur ce sujet, toutes  les pistes sont bonnes à explorer.

Ouvrons partout des boîtes à idées et surtout n’en perdons pas les clefs.

Des idées !  Qui veut des idées ! Idées pas à vendre simplement à donner !

Il y va de l’avenir du plus beau sport du Monde : le nôtre, le judo. La conquête du futur, pardon je veux dire du présent, c'est pas les jeux olympiques d'Athènes, ça c'est pour une minorité, non l'important c'est la lutte contre les "infidèles" , mais non je plaisante je veux dire la lutte contre les causes de l'abandon prématurée patati patata.

Toi, cher collègue je ne sais pas, mais moi je refuse l’idée que la fédé., idéalement placée pour régler un certain nombre de problèmes qui affectent le développement du judo, ne soit pas à l’écoute de ses plus fidèles collaborateurs que sont les profs de judo ou les dirigeants de club.

Tu t’imagines un  prof de judo qui demanderait un rendez-vous avec un dirigeant fédéral pour l’entretenir de n’importe quel sujet ayant trait au développement du judo et qui se verrait traité comme le dernier des commercial venant vendre un camembert pasteurisé made in U.S.A.  dans une ferme perdue au fin fond du pays d’Auge ? Non, impossible. Je refuse de croire que cela puisse être possible, la preuve, des idées comme celles qui suivent, même si c’est pas pour demain, c’est forcément pour bientôt, ou alors c’est que tu n’avais pas fait le bon numéro et que, pensant tomber au standard de l’I.N.J. pour demander un rendez-vous avec un élu ou un décideur, tu as du appeler à la boucherie Sanzos.

Quoi ?  Du concret ?  Des idées pour de vrai ? T’en veux ? Alors n’en vlà ! Ca vaut ce que ça vaut mais au moins c’est écrit !

 

            - Imposer un cahier des charges strict à propos de l’organisation des compétitions officielles à l’échelon district, départemental, Régional ou interrégional. Terminé les dimanches ou samedi à rallonge au cours desquels les gamins arrivent à 9heures et ne repartent qu’à 19 heures pour finalement n’avoir fait qu’un seul combat sans être repêché. Terminé les parents entassés comme du bétail dans des gradins inadaptés. Terminé les compéts sans médecin (même si ce n’est pas obligatoire), où les gamins restent plantés sur le tapis entourés par des arbitres qui ont reçu  pour consigne de ne surtout pas intervenir en attendant l’arrivée du S.A.M.U. laissant les parents ou les spectateurs dans un état d’incompréhension totale.

            - Mettre rapidement sur pied un championnat de France 2ème division avec une finale nationale,  pour les cadets et les juniors, réservé aux jeunes s’entraînant en club, la première division étant réservée à ceux qui s’entraînent dans les Pôles et qui, paraît t’il, sont la future élite du judo français. Terminé ces rencontres déséquilibrées où le sentiment d’injustice prévaut dans l’esprit de nos jeunes :  « j' peut faire quoi moi face à un gars ou une fille qui s’entraîne tous les jours ? », « c’est t’y d’ma faute si mes parents y veulent pas que j’aille en sport-étude ? »

Peut-on aimer ou avoir envie de pratiquer le judo de compétition sans pour autant être inscrit dans une structure ?

Doit t’on, sous prétexte que l’on ne s’entraîne qu’en club et que notre niveau de pratique en compétition ne nous permet pas de dépasser le niveau régional actuel, se contenter de la coupe régionale ou des interclubs ou encore du ju-jitsu ou du judo loisirs, sans n’avoir jamais accès au TEMPLE Coubertin ? Ne serions nous pas surpris de voir des judokas issus de ces deuxièmes divisions, rejoindre l’élite du judo français une fois séniors, animés par une passion encore intacte et en parfaite santé  physique et morale?

            - Organiser des stages pour enseignants, au cours desquels, en plus de l’éternel couplet sur l’harmonisation du Nage-No-Kata et la façon dont nous devons « mouler » nos jeunes pousses afin qu’ils aient le profil idéal pour accéder aux filières de haut niveau, on pourrait apporter aux profs des techniques de communication ou des outils efficaces, voir tout simplement des idées pour fidéliser nos adhérents.

            - Organiser plus de rencontres entre l’équipe de France de judo (qui continue à faire rêver nos jeunes) et la base. En vingt années, en Seine-Maritime on a vu une seule fois l’équipe de France, enfin une infime partie, lors d’un mercredi de l’équipe de France !

            - Lancer des concours de scénario sur le thème de la réalisation de clips vidéo ou de films mettant en scène le judo, les autres y arrivent pourquoi pas nous ? Je refuse de croire qu’il n’existe pas en France des anciens judokas ou des judokas tout court qui seraient prêts à donner (ou a vendre pas cher) de leur temps pour  concrétiser  des projets de judokas créatifs.

            - Profiter des grands rassemblements nationaux ou internationaux pour mettre en scène des spectacles mettant en valeur notre magnifique sport et qui intéresseraient les médias et le grand public. Tu l’a vu toi le public de Coubertin ou de Bercy   DEBOUT applaudissant à s’éclater les mains le spectacle d’untel ou untel, programmé au moment de la cérémonie d’ouverture ?

Aller c’est bon je m’arrête j’en garde pour le mois prochain.

La seule chose que j’espère c’est que ça fera réagir mes potes (et les autres) et que nous pourrons échanger au sujet du développement du judo en utilisant ce superbe outil de communication qu’est devenu le net. J’en profite pour remercier mes potes de chez judoclic.com qui ont eu la riche (ou la fâcheuse) idée de m’ouvrir leur site.

Rodolphe LEGRAND

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 Dernière modification le lundi 14 novembre 2005 14:18